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Économie circulaire et artisanat au Sénégal : Transformer les déchets en richesses, une opportunité historique pour 2026 et au-delà

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Économie circulaire et artisanat au Sénégal : Transformer les déchets en richesses, une opportunité historique pour 2026 et au-delà

Par Wack SAINE, Président du GIE I2DS

Dakar, avril 2026

Le modèle linéaire « extraire – produire – jeter » a montré ses limites. Au Sénégal, comme ailleurs en Afrique, l’économie circulaire s’impose comme un levier puissant de développement durable : réduire, réutiliser, recycler et régénérer les ressources tout en créant de la valeur économique et des emplois.

L’artisanat, avec son savoir-faire ancestral et sa capacité d’adaptation, est particulièrement bien placé pour incarner cette transition. Au lieu de voir les déchets comme un problème, nous pouvons les transformer en opportunités pour les artisans, les coopératives et les PME.

Le Sénégal dispose d’atouts exceptionnels :

  • Un cheptel important qui génère des peaux et cuirs, mais dont plus de 70 % sont encore exportés bruts sans transformation locale.
  • Des déchets plastiques, textiles, organiques et métalliques abondants dans les villes comme Dakar.
  • Un tissu artisanal dynamique (plus de 600 000 personnes) capable d’innover avec des matériaux recyclés.

Selon les projections officielles, la seule filière peaux et cuirs pourrait générer plus de 130 000 emplois formels et un chiffre d’affaires supérieur à 1 549 milliards FCFA d’ici 2034, si nous structurons une véritable économie circulaire territoriale.

Des initiatives inspirantes existent déjà :

  • Des ateliers comme Soweto Village à Dakar transforment des matériaux recyclés en œuvres d’art et objets design exportés à l’international.
  • Des projets de tannage écologique (végétal) et de valorisation des déchets textiles ou plastiques émergent dans plusieurs régions.
  • La stratégie « Économie circulaire des JOJ Dakar 2026 » du COJOJ, en partenariat avec la SONAGED, vise à réduire les déchets, favoriser l’éco-conception et organiser la seconde vie des équipements après les Jeux.

Voici 5 pistes prioritaires pour 2026 :

  1. Valorisation des peaux et cuirs Moderniser les tanneries avec des techniques écologiques (tannage végétal, réduction des produits chimiques) et créer des filières locales de maroquinerie, chaussures et accessoires. Le budget 2026 du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme doit accélérer la création de pôles territoriaux intégrés (notamment dans les Pôles-Territoires Centre et Ouest).
  2. Recyclage des déchets plastiques et textiles Former les artisans à transformer les bouteilles plastiques en sacs, objets décoratifs ou matériaux de construction légère, et les chutes de tissus en nouveaux produits (mode upcycling, accessoires…).
  3. Intégration aux JOJ Dakar 2026 Les Jeux doivent devenir un laboratoire : uniformes, souvenirs, décoration et packaging réalisés avec des matériaux recyclés ou locaux. Cela laissera un héritage concret : ateliers modernisés, compétences renforcées et filières structurées.
  4. Création de nouveaux métiers verts L’économie circulaire génère déjà de nouveaux métiers artisanaux (collecte sélective, tri, transformation créative, design éco-responsable). Le GIE I2DS plaide pour des programmes de formation hybrides alliant savoir-faire traditionnel et techniques durables.
  5. Chaînes de valeur courtes et inclusion Prioriser les femmes et les jeunes artisans dans ces filières pour un impact social fort. Les coopératives ont un rôle clé à jouer dans la collecte, la transformation et la commercialisation locale.
Les propositions du GIE I2DS

Pour passer des intentions aux résultats concrets, nous recommandons :

  • La mise en place d’un Fonds Artisanat Circulaire soutenu par le budget 2026.
  • Un programme national de certification « Artisanat Durable et Circulaire Sénégal ».
  • Des partenariats renforcés entre l’État, la SONAGED, le COJOJ, les interprofessions et les artisans.
  • L’intégration systématique de critères d’économie circulaire dans les marchés publics liés aux JOJ et aux grands événements.

L’économie circulaire n’est pas une mode. C’est une nécessité pour notre souveraineté, notre résilience climatique et la création d’emplois dignes. L’artisanat sénégalais a le potentiel de devenir un modèle africain en la matière.

Le GIE I2DS reste engagé aux côtés des artisans pour accompagner cette transition : mise en réseau, formation, définition de standards et suivi de l’impact.

Qu’en pensez-vous ? Quelles filières (cuir, plastique, textile, bois…) vous semblent les plus prometteuses ? Avez-vous des exemples d’initiatives réussies dans votre région ?

Réagissez en commentaire et partagez cet article si vous croyez en un artisanat circulaire et souverain.

Le prochain article portera sur le rôle des femmes et des jeunes dans l’artisanat durable au Sénégal.

Wack SAINE Président du GIE I2DS – Interprofessionnel pour le Développement Durable au Sénégal

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